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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

lui, et vous ne pouvez vous consoler que par l’espérance de jours meilleurs pour l’humanité.

Ces jours viendront ; les verrons-nous ? qu’importe ? Travaillons toujours. Moi, je prends aisément mon parti de tous les déboires personnels. Mais j’avoue que je manque de courage pour la souffrance de ceux que j’aime, et que, depuis le 15 mai et le 25 juin, j’ai l’âme abattue par votre captivité et par les malheurs du prolétaire. Je trouve ce calice amer et voudrais le boire à votre place.

Adieu ; écrivez-moi si vous pouvez, ne fût-ce qu’un mot. Je fais toujours le rêve que vous viendrez ici et que vous consentirez à vous reposer pendant quelque temps de cette vie terrible que vous endurez avec trop de stoïcisme. Je ne comprends rien aux lenteurs ou plutôt à l’inaction du pouvoir en ce qui vous concerne. Il me semble que vous devez être acquitté infailliblement si vous daignez dire la vérité de vos intentions, et répondre un mot à vos accusateurs.

Maurice me charge de vous dire qu’il vous aime. Si vous saviez comme nous parlons de vous en famille ! Adieu encore.

Votre sœur,
GEORGE.