Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 3.djvu/149

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
146
CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

demain ? Dieu récompensera-t-il tant de courage et de dévouement ? livrera-t-il les siens ? protégera-t-il la trahison et la folie la plus criminelle que l’humanité ait jamais soufferte ? Il semble, hélas ! qu’il veuille nous éprouver et nous briser pour nous purifier, ou pour laisser cette génération comme un exemple d’infamie d’une part, d’expiation de l’autre.

Quoi qu’il arrive, mon cœur désolé est avec vous. Si vous triomphez, il ne m’en restera pas moins une mortelle douleur de cette lutte impie de la France contre vous. Si vous succombez, vous n’en serez pas moins grand, et votre infortune vous rendra plus cher, s’il est possible, à votre sœur.


CCC

AU MÊME


Nohant, 5 juillet 1849.


Mon frère et mon ami,

Allons au fond de la question, puisque vous le voulez. Laissons de côté mon dégoût et mon découragement, comme une situation toute personnelle qui ne prouve rien pour ou contre vos vues et moyens. J’avais à dessein omis, dans ma dernière lettre, de répondre à ce que vous me disiez de Louis Blanc, parce que je ne voulais pas en venir à vous parler de Ledru-Rollin.