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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

venais de lui dire que j’avais pour vous, et tout à fait ces sentiments-là, je sens en vous un appui sincère et dévoué pour ceux qui souffrent de l’affreuse interprétation donnée, par certains agents, aux intentions du pouvoir.

J’espère que vous pourrez obtenir la réparation de bien des erreurs, de bien des injustices, et je sais que vous le voulez. Ah ! mon Dieu, comme il y a peu d’entrailles aujourd’hui ! Vous en avez, vous, et vous en donnerez à ceux qui en manquent !

Vous êtes venu aujourd’hui pendant que j’étais chez M. d’Orsay ; il m’a annoncé votre visite, je suis vite revenue chez moi, il était trop tard. Vous aviez fait espérer que vous reviendriez à six heures, mais vous n’avez pu revenir. J’en suis doublement désolée, et pour moi, et pour mes pauvres prisonniers de l’Indre, que je voudrais tant vous faire sauver. M. d’Orsay m’a dit que vous le pouviez, que vous aviez de l’autorité sur M. de Persigny. Je dois dire que M. de Persigny a été fort bon pour moi, et m’a offert des grâces particulières pour ceux de mes amis que je voudrais lui nommer. M. le président m’avait dit la même chose. Mes amis m’avaient tellement défendu de les nommer, que j’ai dû refuser les bontés de M. le président.

M. de Persigny, avec qui je pouvais me mettre plus à l’aise, ayant insisté, et me faisant écrire aujourd’hui pour ce fait, je crois pouvoir, sans compromettre personne, accepter sa bonne volonté comme personnelle à moi.