Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 5.djvu/177

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DCXXVII

À M. ALEXANDRE DUMAS FILS, À PARIS


Nohant, 21 janvier 1867.


Eh bien, cher fils, comment êtes-vous arrivé à Paris, par ce temps de frimas qui vous a surpris le jour du départ ? Avez-vous eu froid dans l’affreuse diligence ? Vous êtes-vous embêté. Je vous ai fait faire là une vraie corvée et je me le reprochais en voyant tomber la neige. Et j’ai été si patraque, moi, depuis ce temps-là, que je n’avais pas le courage de vous demander de vos nouvelles, et de celles de la patiente et stoïque alitée[1]. Je crois que je vais mieux à présent, du moins il y a des jours où je me crois guérie. Ça ne peut guère se faire par une saison si dure ; aussi je prends patience et m’arrange pour ne pas penser à mon mal. J’ai fait diversion en m’installant dans ma nouvelle chambre, où j’ai enfin chaud et où je me trouve doucement et bêtement dans le bleu tendre, couleur d’anémie. J’ai soif de travailler.

Avez-vous lu Mont-Revèche ? Y voyez-vous plus clair que moi. Pouvez-vous me lancer dans une bonne voie comme pour Villemer ? Sauf à ne pouvoir pas exécuter tout ce que vous m’indiquerez et à tourner

  1. Madame Alexandre Dumas.