Page:Sand - Flamarande.djvu/123

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XXV


Je me présentai à la sœur de la nourrice comme un pasteur protestant qui, voyageant seul dans sa voiture de poste, avait rencontré une mère et son enfant très-fatigués à un relais de diligence. Je les avais pris par charité dans ma voiture, j’étais un homme évangélique. J’en avais au moins la mine, le costume et le langage.

La pauvre sœur de ma Niçoise ne savait comment me témoigner sa reconnaissance et son admiration. Ce fut bien autre chose quand, après avoir exploré le village, je trouvai une maisonnette plus propre et mieux aérée que la sienne, dont je payai d’avance le loyer — vraiment ce n’était pas cher ! — et où les deux sœurs me promirent de s’installer le lendemain. J’avais fait cette pauvre munificence de mon chef et à mon compte, car M. de Flamarande dans ses instructions n’avait pas prévu que je dusse me tant soucier du bien-être du