Page:Sand - L Homme de neige vol 1.djvu/72

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celui qui s’arrêta au pied du rocher ; car, il n’y avait plus à en douter, un nouvel hôte, opulent cette fois, venait prendre possession ou connaissance de la silencieuse retraite du Stollborg.

— Le traîneau m’a donné un joli spectacle, pensa Cristiano ; mais que le diable emporte ceux qui sont dedans ! Voilà, je parie, une anicroche grave au paisible souper que je me promettais !

Mais la malédiction expira sur les lèvres de Cristiano : une voix douce et vraiment mélodieuse, une voix de femme, qui ne pouvait appartenir, selon lui, qu’à une femme charmante, venait de sortir du traîneau. La voix disait, dans une langue que Cristiano n’entendait pas, et qui n’était autre que le dialecte de la localité :

— Crois-tu donc, Péterson, que tes chevaux pourront monter jusqu’à la porte du vieux château ?

— Oui, mademoiselle, répondit le gros cocher emmitouflé de fourrures ; la neige de ce soir les gênera bien un peu, mais d’autres y ont passé déjà : je vois des traces fraîches. N’ayez pas peur, nous monterons.

Les abords du Stollborg, que M. Goefle avait traités de roidillon, consistaient en un véritable escalier naturel, formé par les feuillets schisteux et inégaux du rocher. En été, il y eût eu de quoi estropier che-