Page:Sand - La Coupe, Lupo Liverani, Garnier, Le Contrebandier, La Rêverie à Paris, 1876.djvu/250

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Quoi qu’il en soit, le sort avait réservé à cette douce et bonne créature un des coups les plus frappants. Deux incidents d’une faible importance déterminèrent l’épisode le plus critique de sa vie. Ceux qui liront cette histoire verront qu’il était né pour justifier deux proverbes opposés l’un à l’autre, et ils ne s’en étonneront pas, puisque tous les proverbes ont leur contraire et que la sagesse des nations s’arrange toujours, quand on la consulte, pour répondre oui et non tout à la fois, comme, par exemple : « Qui ne risque rien n’a rien. — Tout vient à point à qui sait attendre. » Bien supérieure en cela aux oracles anciens, qui ne répondaient jamais ni oui ni non.




Certain jour d’un hiver rigoureux, Garnier, tristement appuyé sur son poêle éteint, réfléchissait aux choses de ce monde. Il regardait sa provision de bûches, ses livres, sa table de nuit, sa chandelle et son habit vert, et il disait, en