Page:Sand - La Coupe, Lupo Liverani, Garnier, Le Contrebandier, La Rêverie à Paris, 1876.djvu/263

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La dame le fit mettre à la porte après s’être laissé baiser la main.

Le lendemain, contre toute attente, il fit un beau soleil ; Garnier, enivré de langueur, envoya chez la dame orange ; il lui demandait un rendez-vous, qui lui fut accordé. À quatre heures, il monta à cheval ; le rendez-vous était pour neuf heures. La dame orange parut au bois. Ses yeux étaient à demi fermés pour indiquer la fatigue d’une nuit de remords ; elle s’était penchée beaucoup plus que de coutume dans le fond de sa voiture, et le peu de rouge qu’elle avait marquait la crainte et l’espérance.

Il arriva qu’un groupe de jeunes gens qui, la veille au soir, s’étaient jeté la dame orange à la tête, dans un cotillon de deux heures et demie, s’arrêta autour de sa voiture. Elle avait dansé comme un ange ; sa parure était la plus délicieuse du monde, et Garnier, soufflant dans ses doigts, sentit qu’il fallait payer de sa personne.

J’ai dit plus haut que deux événements, frivoles en apparence et entièrement dus au hasard, dé-