Page:Sand - Laura - Voyages et impressions.djvu/48

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lune, parce qu’elle a le suave reflet des rayons de cet astre.

» Si tu veux monter jusqu’aux pôles de ce monde enchanté, à travers les banquises de la séricolite satinée et de la limpide aigue-marine, nous allons voir les aurores boréales permanentes que l’homme n’a jamais contemplées, et tu comprendras que dans cet univers immobile selon toi, la vie la plus intense palpite en aspirations d’une si formidable énergie, que…

Ici, la voix enivrante de ma cousine Laura fut couverte par un fracas semblable à celui de cent millions de tonnerres. Cent milliards de fusées resplendissantes s’élevèrent dans un ciel noir que j’avais pris d’abord pour une incommensurable voûte de tourmaline, mais qui se déchira en cent milliards de lambeaux ardents. Tous les reflets s’éteignirent, et je vis à nu les abîmes de l’empyrée semés d’étoiles de couleurs si intenses et d’un volume si terrifiant, que je tombai à la renverse et perdis connaissance…

― Ce n’est rien, mon cher Alexis, me dit Laura