Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/111

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MAURICE. — Attendez au moins que l’un de nous aille en avant, avertir…

MYRTO. — Oh ! j’y serai avant vous. J’ai quatre jambes ! Bonsoir, monsieur, et grand merci. Si vous voulez venir me voir tous les trois demain matin, vous me ferez plaisir. Puisque vous êtes si obligeants, je vous consulterai sur l’emplette que je veux faire d’une propriété dans vos parages.

(Elle se lève. Tous trois la suivent en lui ouvrant les portes et en tenant un flambeau.)




SCÈNE XIV


Dans la cour du prieuré


Les Précédents, ANTOINE.


MAURICE. — Oh ! oh ! vous montez ce cheval-là ? Je le connais, il est vigoureux ?

MYRTO. — Il n’est pas mauvais. Est-ce que Diane le monte ?…

MAURICE. — Madame de Noirac ? Je ne crois pas.

MYRTO. — En ce cas, je suis donc meilleure écuyère qu’elle ?… Vous voulez me donner le pied ?… non, non ? Antoine, ne tenez pas la bride, je la tiens ; je ne crains pas cette bête-là, j’en ai gouverné de pires. Bonsoir, messieurs !

(Elle part au grand trot.)

MAURICE, au domestique qui la suit. — Antoine, qu’est-ce que c’est donc que cette dame-là ?

ANTOINE, riant. — Ma foi, monsieur, j’ai reçu un louis pour me taire… et je ne sais rien.

(Il part.)

DAMIEN. — Collé !

MAURICE. — Refermons les portes, et allons nous chauffer. Il fait un froid de loup.