Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/183

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EUGÈNE. — Dîner ? nous avons déjeuné jusqu’à trois heures de l’après-midi !

MAURICE. — Raison de plus, nous causerons sans avoir la bouche pleine, et monsieur Ralph, qui mangera pendant ce temps-là, ne pourra pas placer un mot. Nous aurons toujours raison !

JACQUES. — C’est convenu ? Je vous remercie, et je compte vous retrouver ici ce soir.

DAMIEN. — Certes ! je ferai une partie d’échecs avec monsieur Ralph. J’ai une passion pour les échecs.

EUGÈNE. — Une passion malheureuse.

JACQUES. — Maurice, si vous voulez voir mes coléoptères, vous savez où ils sont, et vous prendrez, sans vous gêner, tout ce qui manque à votre collection. Au revoir !




SCÈNE IV


Dans la prairie


MYRTO, FLORENCE.


FLORENCE. — Si vous le prenez ainsi, si vous devenez sérieuse, si vous faites appel à mon honneur et à la vérité, faut que je vous détrompe. J’ai été riche, il est vrai, mais je suis ruiné.

MYRTO. — Ah !… Tout à fait, tout à fait ?

FLORENCE. — Tout à fait. Je ne suis donc pas l’amant de madame de Noirac, mais très-réellement son jardinier.

MYRTO. — C’est là que vous mentez.

FLORENCE. — Mademoiselle, jusqu’ici j’ai plaisanté, parce que vous l’avez voulu. Je ne plaisante plus, parce que vous m’avez demandé ma parole d’honneur. Si vous n’y croyez pas, il est inutile de continuer la conversation. Je vais vous reconduire chez vous.

MYRTO. — Ah ! comme vous êtes susceptible !

FLORENCE. — Pas du tout quand on rit avec moi ; extrêmement, quand on ne rit plus.