Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/232

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place, cela me ferait l’effet d’une souillure, et il me semble que, l’eussé-je aimé aujourd’hui, je ne pourrais plus l’aimer demain !




SCÈNE IV


À la porte de la maison blanche


MYRTO, FLORENCE.


FLORENCE, tenant la bride du cheval de Jacques attelé à la carriole. — Oui, c’est moi ! Je suis en retard d’un quart d’heure, mais il fallait me procurer une voiture, et la voilà. Elle n’est pas belle, mais elle est solide, et c’est le premier point, car nous avons des chemins difficiles.

MYRTO. — Ah ! c’est toi… c’est vous, Marigny ! Que m’importe la voiture ! J’irais avec vous à pied au bout du monde ! Ah ! vous êtes venu ! Je ne vous espérais plus !

FLORENCE. — Eh bien, partons ! C’est malgré moi que je vous ai fait attendre.

MYRTO. — Oh ! je ne me plains pas ! J’ai souffert un siècle, mais qu’importe ? Vous voilà et je vous bénis. Partons !… Vous ne me donnez pas la main ?

FLORENCE. — Je tiens ce petit cheval, qui est fringant, comme vous voyez.

JACQUES, sortant à demi de la voiture. — Je vous aiderai, madame.

MYRTO, reculant. — Comment ! nous sommes trois ?

JACQUES, souriant — Sans doute. Je vous prête ma carriole avec plaisir, et comme j’ai affaire aussi à la ville, je vais tout naturellement avec vous.

MYRTO, à Florence, qui se rapproche. — Ah ! monsieur, c’est une trahison !

FLORENCE, froidement. — Je ne vous comprends pas, mademoiselle. Vous plaît-il de monter ? Le cheval s’impatiente.

MYRTO, dans la carriole. — Et vous restez, vous ? Je comprends !