Page:Sand - Les Dames vertes, 1879.djvu/65

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partie seulement fût consacrée aux livres. L’autre moitié était une sorte de musée de tableaux et d’objets d’art. La rotonde contenait une fontaine entourée de fleurs. Madame d’Ionis me fit remarquer ce monument précieux, que l’on avait récemment retiré des jardins pour le mettre à l’abri et le préserver d’accident, la chute d’une grosse branche l’ayant un peu endommagé dans une nuit d’orage.

C’était un rocher de marbre blanc sur lequel s’enlaçaient des monstres marins, et, au-dessus d’eux, sur la partie la plus élevée, était assise avec grâce une néréide, que l’on regardait comme un chef-d’œuvre. On attribuait ce groupe à Jean Goujon, ou tout au moins à l’un de ses meilleurs élèves.

La nymphe, au lieu d’être nue, était chastement drapée ; circonstance qui faisait croire que c’était le portrait d’une dame pudique qui n’avait ni voulu poser dans le simple appareil d’une