Page:Sand - Narcisse, 1884.djvu/65

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retraite ne permettaient pas de penser qu’elle s’aperçût du plus ou moins de distinction de cette tenue de cérémonie.


III


Nous descendîmes la ruelle qui séparait les derrières du café de ceux du couvent, et Narcisse sonna résolûment à une petite porte. Le guichet s’ouvrit, et un vieux domestique, portier et jardinier, nous demanda ce que nous voulions. Narcisse resta court, et je fus forcé de répondre pour lui que M. Narcisse Pardoux et un de ses amis demandaient à mademoiselle d’Estorade un moment d’entretien particulier. Le vieillard prit un air fort étonné, accompagné d’une expression de doute sur la réponse qu’il aurait à nous rendre. Puis, s’étant fait répéter la demande, comme s’il eût eu peine à en croire ses oreilles sur un fait aussi insolite, il referma le guichet en disant :

— Je vas toujours dire la chose à la demoiselle.

— Vous verrez qu’elle ne nous recevra pas ! me dit Narcisse, du ton dont il eût dit : « Pourvu qu’elle n’ait pas la fantaisie de nous recevoir ! »

Il avait peur ; la sueur lui coulait du front.

On nous laissa dans la rue cinq minutes, qui lui pa-