Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/542

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— Vous partez seul, vous partez sans moi ; vous ne daignez pas me confier vos projets. Je comprends trop bien que rien ne vous retient ici. Pourquoi resteriez-vous près de moi ? Vous ne m’aimez pas, je le sais bien, je ne viens pas vous reprocher votre indifférence ; mais je suis votre femme, ne puis-je vous demander ce que vous comptez faire ? Ne me direz-vous pas où vous allez ?

Gaston prit les mains de sa femme, et l’attirant sur ses genoux :

— Écoute, mon enfant : j’ai mal vécu, j’ai dépensé dans l’oisiveté les plus belles années de ma jeunesse. Je sens maintenant toute l’étendue de ma faute ; le temps est venu de la réparer. L’éducation que j’ai reçue, le fol orgueil de ma famille, m’ont fait de l’inaction un misérable point d’honneur. Je ne suis rien, et je rougis de moi-même. Je veux me relever, changer ma destinée. Tout