Qui ça, mes parents… Vous ?
Oui. Voilà bien les rails, les treuils et les moufles ; mais les bons parents ?
Ah çà, voyons, la main sur la conscience, êtes-vous bons à quelque chose, vous deux ?
Mais, bons à tout !
Eh ! bien, on verra, on tâchera de vous caser quelque part !
Il nous casera !
Caser tes oncles ?… les frères de…
Ah ! quand vous seriez mes grands-pères, est-ce que je vous dois quelque chose, moi ? Je ne dois rien à personne ! À quinze ans je gagnais ma vie tout seul ! Et le vieux… (mon père) ne me donnait pas un dollar ! À dix-sept ans, j’étais caissier ; à dix-neuf, je montais une scierie ; à vingt, j’étais riche ; à vingt-deux, ruiné ; à vingt-huit, je recommençais, et à quarante j’aurai triplé mon capital. Chacun pour soi et en avant ! C’est la devise américaine, et la mienne ! Ce qui ne m’empêche pas d’être un bon garçon qui sera toujours enchanté de faire avec vous sa partie de quilles le dimanche !
Pour le moment, c’est nous qui sommes les quilles !
Nature positive ! Voilà l’inconvénient des natures positives ! Mais, enfin, tu te marieras bien !
Pourquoi faire ?
Mais pour avoir une petite femme !… élevée à l’américaine !…
Ah ! avec ça que j’aime les petites femmes ! Sans parler des mioches, du beau-père, de la belle-mère, et du reste !… merci !… une femme qui n’a en tête que ses chiffons, qui bavarde, raconte vos affaires vous brouille avec les amis, vous fait rece-