Page:Satires d'Horace et de Perse.djvu/17

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SATIRE II.



Tigellius est mort. Musiciens, danseurs,
Histrions, charlatans, parasites, farceurs,
Tous en sont désolés. C’était un si brave homme !
Au contraire, cet autre, homme sage, économe,
À son ami, pressé par le froid et la faim,
Ne donnerait pas même un habit et du pain.
Demandez à ce fils stupidement prodigue,
Pourquoi dans des festins dont l’excès le fatigue,
D’ancêtres opulents magnifique héritier,
Il dévore en un jour son patrimoine entier,
Et pour fournir aux frais d’une table splendide,
Prend des fonds à tout prix d’un harpagon avide.
C’est qu’il veut, dira-t-il, passer pour libéral.
L’un trouve qu’il fait bien, l’autre croit qu’il fait mal.
Possesseur de grands biens qu’il double par l’usure,
De ce nom de prodigue Albinus craint l’injure.
Aussi, pour l’éviter, d’avance, à chaque prêt,
Cinq fois de son argent retient-il l’intérêt,