Page:Sauvage - Tandis que la terre tourne, 1910.djvu/59

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
59
l’arc-én-ciel

C’est un monde enfantin avec un remuement
De pétales, d’oiseaux, d’insectes et de vent.
Le silence, le soir, s’avance à pas d’eunuque
Et fait tomber sans bruit quelque étoile caduque
Sur cet arbre nocturne où l’allégresse dort.
La lune amarre là son petit bateau d’or
Et son esprit errant en une vapeur blonde
Soupire sur les fleurs que sa lumière inonde.
La chouette miauleuse et qui n’a pas sommeil
Croit que le cerisier a rêvé du soleil
Quand la lune s’en va sereine et que les branches
Replongent dans la nuit leurs masses d’ombres blanches.