Page:Say - Lettres à M. Malthus sur l’économie politique et la stagnation du commerce.djvu/24

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de perte, au lieu de bénéfice. Le torrent du commerce, repoussé de l’Italie, s’est jeté sur l’Allemagne, sur la Russie, sur le Brésil, et y a bientôt rencontré les mêmes obstacles.

« Les derniers journaux nous annoncent des pertes semblables dans de nouveaux pays. Au mois d’août 1818, on se plaignait, au cap de Bonne-Espérance, que tous les magasins étaient remplis de marchandises européennes, qu’on offrait à plus bas prix qu’en Europe, sans pouvoir les vendre. Au mois de juin, à Calcutta, les plaintes du commerce étaient de même nature. On avait vu d’abord un phénomène étrange, l’Angleterre envoyant dans l’Inde des tissus de coton, et réussissant par conséquent à travailler à meilleur marché que les habitans demi-nus de l’Indoustan, en réduisant ses ouvriers à une existence plus misérable encore ! Mais cette direction bizarre donnée au commerce n’a pas duré long-temps ; aujourd’hui les produits anglais sont à meilleur