Page:Say - Mélanges et correspondance d’économie politique.djvu/57

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


vreté qu’on soit demeuré ou d’appauvrissement qu’on soit réduit, il faut cependant quelques dépenses publiques ; il n’y a donc pas moyen de se passer d’impôt.

Il y a eu ce moyen chez les nations neuves que rien ne gêne, et chez les nations longtemps mal gouvernées qui ont eu et ont, par cette raison-là, beaucoup de mauvais impôts ; leurs erreurs même peuvent faciliter l’amélioration de leur sort. Ce moyen est d’avoir ou de se donner une constitution domaniale de finances, qui pourvoie aux dépenses sociales sans attaquer les propriétés des citoyens.

Cette constitution domaniale peut être effectuée de trois manières, dont deux, imparfaites, ont eu lieu pendant plusieurs siècles, et dont l’autre, bien meilleure, est proposée depuis près de soixante ans par ces économistes pour qui vous montrez, sans que je puisse en comprendre le motif et la raison, tant de dédain et d’antipathie.

La plus anciennement inventée a été la constitution domaniale de finances à partage de terres : c’était celle des Égyptiens. Vous voyez, dans Diodore de Sicile, qu’ils avaient donné ou laissé à leurs rois ou pharaons une partie des terres pour les frais de leur cour et de leur administration ; qu’ils en avaient donné une