Page:Say - Mélanges et correspondance d’économie politique.djvu/72

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quatre cent mille soldats constamment occupes, toujours renouvelés dans ces guerres qui les dévoraient annuellement, quarante mille autres hommes robustes et même assez instruits, et les occuper aux travaux vexatoires de la perquisition et de la perception.

C’est pour cela que ce prince a diminué de deux cent treize millions le revenu disponible des propriétaires de biens fonds, et de quatre milliards ou d’un dixième, le capital de la valeur des terres de la France, en altérant le bonheur de plus de huit cent mille familles, et les conduisant à l’annihilation par une infortune croissante.

Aviez-vous songé à tout cela ? Ne convient-il pas à Jean-Baptiste Say d’y songer très-sérieusement ? Ne méprisons plus les économistes.

Se peut-il que vous en soyez encore à dire et à croire, mon cher ami, qu’il y a, dans ce genre d’imposition, l’avantage de dissimuler l’impôt en le confondant avec la jouissance ? Ainsi disaient les fermiers généraux et même la plupart des contrôleurs généraux. Mais quel conseil à donner aux rois par un philosophe ! Dupez votre peuple, afin de lui prendre plus aisément son argent ! Argument de cour et de bureaux ! Le peuple n’en est pas dupe. Il peut.