Page:Sayous - Études littéraires sur les écrivains français de la Réformation, t. 1, 1854.djvu/242

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
230
VIRET.

chodonosor, image de l’état du monde qui devait être après lui. Sur quoi Hiérome, qui se souvient de la fiction des poètes sur les quatre âges de la société, s’étend avec complaisance sur les descriptions de Tàge d’or par les poètes anciens, dont il cite force vers « translatés en français, mais dont il n’est pas le translateur. Dieu l’en garde. » C’est Viret qui est ce translateur, et bien mauvais, en effet, mais il ne prétend pas à la couronne de laurier ; « et s’il y a peu de rime en ses vers, il lui suffit qu’il y ait quelque raison V » Hiérome entremêle ses réminiscences classiques de ces rapprochements dont Viret était si curieux. « Quand je pense, dit-il, à ce changement qui a été es mœurs des hommes toujours de mal en pis, je considère qu’il est advenu en ceci tout au contraire qu’à la monnaie qu’ils ont fait battre… Quand les hommes et leurs mœurs étaient d’or, leurs monnaies étaient de fer ; quand ils étaient d’argent, elles étaient d’airain, etc. » Tobie, qui a mémoire de bon bourgeois, se rappelle à ce propos le mot dès lors devenu populaire d’une vieille femme qui disait, en voyant en un coin d’église la simple houlette de quelque ancien évêque : « Autrefois les évêques étaient

^ Disputations chrestimnes, p. 33.