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Page:Schiller - Le Nécromancien ou le Prince à Venise, tome second.djvu/30

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lui ; et, je l’avoue, il a fait ma conquête dès le premier moment où je l’ai vu. Imaginez-vous une figure charmante, où se trouvent réunies la dignité et les grâces, un air ouvert et prévenant, une physionomie pleine d’âme et de génie, un son de voix pénétrant, une éloquence entraînante, tous les avantages enfin qu’une jeunesse brillante et l’éducation la mieux soignée peuvent donner. Il n’a rien de cet orgueil méprisant, ni de cette roideur solennelle qui nous paraissant si insupportables dans les autres nobilissimi. Tout est chez lui gaîté, bienveillance, chaleur de sentiment. Ce que l’on dit de ses débauches doit être excessivement exagéré ; je n’ai vu nulle part une plus