Page:Schlegel - Œuvres écrites en français, t. 3, éd. Böcking, 1846.djvu/309

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DU BHAGAVAD-GITA.

donner. D’après le commentaire ce sont les mânes des ancêtres auxquels on offre de l’eau chaude. Ouchmapâh pitarah ouchmabhâgâ hi pitarah ityâdi sroutê. »

Cette observation contient deux choses : un éclaircissement donné par le scoliaste, et l’application que M. Langlois en a faite. Le premier est précieux. Ne trouvant nulle part une explication de ushmapâ, je l’ai omis sciemment, et m’en suis amplement expliqué dans une note. Le sens général de la phrase ne souffrait pas de cette omission, et j’ai pensé que mes lecteurs n’en seraient pas fort avancés, si j’avais inséré le nom sanscrit. M. Wilkins l’a omis également, sans doute par la même raison. Le scoliaste nous dit que les ushmapâh sont les mânes des ancêtres ou des patriarches.

उष्मपाः पितरः । उष्मभागा हि पितरः । इत्यादि श्रुतेः ।

Il s’appuie de l’autorité la plus imposante qu’on puisse citer en pareille matière : celle des Védas. Les dernières paroles indiquent que les précédentes sont le commencement d’un verset des livres sacrés. On s’étonnera avec raison que M. Langlois n’ait pas averti ses lecteurs d’une citation aussi remarquable. Toutefois, si le commentateur n’en dit pas davantage, il nous laisse dans le doute sur la cause qui a fait donner aux mânes ces deux épithètes ushmapâ et ushmahhâga, probablement surannées, et d’un usage très-rare, puisqu’elles ne se trouvent ni dans Manou, ni dans aucun des glossaires à nous connus. M. Langlois affirme qu’on offre aux mânes de l’eau chaude.