Page:Schoebel - Le Buddhisme, 1874.djvu/48

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entièrement portée au crédit d’une religion dont tout le ressort s’est usé chez les peuples de cette race par les rêveries les plus creuses qui soient. Les voilà plongés ces peuples a moult preus » dans une apathie semblable au sommeil de la mort, et rien ne pourra les en tirer, si ce n’est peut-être un autre Dchinghis-Khân. Les Chinois sont dans une situation analogue ; cependant grâce à de puissantes diversions politiques qui ne leur ont jamais manqué longtemps, mais plus, encore grâce à la constante émulation qu’entretient chez eux un système d’enseignement qui vise à mettre ex æquo le pauvre et le riche, grâce enfin à cet esprit d’industrie qui leur est commun avec les Japonais, qui trouvent en outre une sauvegarde dans leur milieu insulaire ; les Chinois et les Japonais, quoique de race caïnite ou mongolique, ont vu se tempérer à leur égard les effets excessifs de la doctrine négative du buddhisme. Mais c’est une chance que l’influence du principe cosmique égalitaire leur eût fait perdre), à eux aussi, s’ils avaient persisté à se tenir claquemurés chez eux et à repousser indéfiniment le contact vivifiant de l’élément européen ou sethite.

Cependant il faut le répéter, le buddhisme n’est ni funeste ni inconséquent, parce qu’il exige la perfection morale pour obtenir l’anéantissement personnel ; on ne saurait éteindre l’égoïsme, l’orgueil du moi, âtmâmadam, et réaliser une vie entièrement pure, brahmacarigam, que par un constant attachement à la vertu, kalyânasampavankatâ, par les plus austères, par les plus héroïques exercices moraux. La faute de Siddhârta et de Lao a été de n’avoir pas su donner à leur œuvre réformatrice le contrepoids dont elle avait besoin pour ne pas endormir les intelligences dans l’ivresse de la contemplation extatique ; leur faute a été de tirer exclusivement, pour m’exprimer ainsi, sur une seule corde, de ne tendre à la vertu pour tout soutien qu’un appui qui n’en est pas un , puisque c’est la non-existence, le non-être, et d’ignorer complètement la vraie réalité, la réalité idéale de l’humanité. Leur doctrine est donc fatalement somnifère, et le Buddha allongé dans l’attitude du sommeil, ainsi qu’on