Page:Schoebel - Le Mythe de la femme et du serpent.djvu/76

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calculables, couchée sur la poussière, bhasmaçâyini. Tu ne seras délivrée et débarrassée de tes péchés que quand tu auras vu et servi celui qui arrivera ici ; Râma, le fils de Daçaratha ». Il dit et s’en va dans le lieu pur des Siddhas, au sommet de l’Himavat[1].

Je puis me tromper, mais il me semble qu’on ne peut méconnaître dans ce conte quelques réminiscences du sujet qui constitue l’apologue de la chute biblique. Le Vendidad, comme nous l’avons déjà vu, ne nous en a pas conservé autant, mais on dirait que plus tard la race irânienne s’est ressouvenue et qu’elle a voulu reconstituer notre mythe, autant que possible, avec la fable de Mashya et de Mashyâna, qu’on lit dans le livre des Sassanides, appelé le Bundehesh. Ce livre n’a certainement pas copié la Genèse mosaïque, puisque dans la succession des actes de la création il suit un ordre tout différent et plus naturel, on peut l’assurer. Néanmoins, R. Roth[2] a raison quand il dit qu’on ne saurait débrouiller les obscurs mélanges de sens et de non-sens qui règnent dans ce singulier recueil. Toutefois, pour ce qui est spécialement de notre mythe, on l’y trouve dans un état qui fait penser qu’il est emprunté à la même source que le récit de la Genèse. Il est cependant beaucoup moins intéressant que l’apologue mosaïque, bien qu’il y ait certain détail que nos oreilles ne veulent entendre qu’en latin. Mais le drame si épique avec ses trois acteurs en est absent. Après cela, on y voit les deux arbres et l’homme androgyne, ou du moins, ce qui revient au même, deux personnes de même

  1. Râmâyana, I, 49, 17 sqq.
  2. V. Zeitschrift der deutschen morgenländischen Gesellschaft, IV, p. 421.