Page:Schoebel - Le Rituel brahmanique du respect social.djvu/20

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rable qu’il paraît prendre dans le Véda[1], quand il n’est pas accompagné d’épithètes bien sonnantes[2], contribue à prouver que les populations aborigènes sont pour beaucoup dans son emploi, puis dans son adoption par le vocabulaire aryen. Et ce qui achève la preuve, c’est qu’il s’écrit avec une cérébrale. La cérébrale est une lettre essentiellement indienne, il paraît[3] ; on ne la trouve que dans les idiomes de l’Inde[4], et cela nous explique peut-être pourquoi la classe des cérébrales n’a pas, comme les quatre autres ordres de consonnes, cette nasalité particulière qu’on appelle yama, et qui affecte la consonne sparça, la muette, comme nous dirions[5], toutes les fois qu’elle est suivie d’une nasale. En effet, puisque la cérébrale est constitutivement étrangère à la langue des Aryas, idiome essentiellement irânien, on comprend que l’organe des pasteurs védiques n’ait pas trouvé pour elle ce brisement ou ce dédoublement nasal qui, dans certaines conditions, est naturellement attaché aux consonnes aryennes, et sans doute aussi aux muettes suivies

  1. Voy. p. ex., Rig-Véda, mand. II, Anuv. 2, h. 1, st. 4 ; éd. Max Müller, II, p. 469.
  2. Varnan yaçasan suvîram une race glorieuse et héroïque (R.-Véda, éd. Müller, II, p. 432 ; Cf. p. 845).
  3. Remarque recueillie au cours de M. Burnouf, à l’occasion de l’infinitif sothum, de sah supporter (Râm. I, 44, çl. 22).
  4. D’après une communication verbale de M. Brasseur, il paraîtrait cependant qu’elle est connue aussi dans les langues de l’Amérique centrale et des pays avoisinants.
  5. Les sparçâs, de spriç, toucher, sont les consonnes produites par le toucher de l’organe qui sert à les prononcer. Ce sont donc les consonnes qui, dans l’alphabet sanskrit, commencent à k et finissent à m (voy. Ad. Régnier, le Rikprâtiçâkhya, dans le Journ. Asiatique, 1856, t. VII, 169, 174, 194). — Weber, Vâjasanéyiprâtiçâkhya, dans Ind. Stud., IV, p. 124 sq).