Page:Schwob-Guieysse - Étude sur l’argot français, 1889.djvu/26

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inanimée comme des sels ou des métaux. Elle est contrainte de vivre sous des lois spéciales, et les phénomènes que nous constatons en elle sont le résultat de cette contrainte. Les animaux des grands fonds sous-marins recueillis dans les expéditions du Travailleur et du Talisman sont dépourvus d’yeux ; mais sur leur corps se sont développées des taches pigmentaires et phosphorescentes. De même l’argot, dans les bas-fonds où il se meut, a perdu certaines facultés du langage, en a développé d’autres qui lui en tiennent lieu ; privé de la lumière du jour, il a produit sous l’influence du milieu qui l’opprime une phosphorescence à la lueur de laquelle il vit et se reproduit : la dérivation synonymique.