Page:Serge - L’Ouvriérisme, paru dans L'Anarchie, 24 mars 1910.djvu/3

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

L’ouvriérisme ?

C’est une étrange maladie dont souffre presque toute l’intellectualité dite avancée. Le marxisme et le syndicalisme en sont des formes incurables. Énormément d’anarchistes en souffrent. Elle consiste en une déformation plus ou moins grave des facultés de perception et de la pensée, déformation qui fait qu’aux yeux du malade tout ce qui est ouvrier apparaît beau, bon, utile, autant que ce qui ne l’est pas est laid, mauvais, inutile, sinon nuisible. Le triste abruti, à la silhouette avachie, alcoolique, tabagique, tuberculeux, constituant la masse des bons citoyens et des honnêtes gens, devient par enchantement le travailleur, dont le labeur « auguste » fait vivre et progresser l’humanité, dont l’effort magnanime lui réserve