Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/5

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INTRODUCTION.



Il y a quelques mois, — à une vente de tableaux qui fut pour un moment l’événement de Paris, — une Tête de femme, attribuée à Rembrandt par le catalogue, fut exposée sur le chevalet de la criée. Les experts des musées hollandais s’approchèrent de cette toile, l’examinèrent, et dans un murmure unanime décidèrent que le catalogue s’était trompé et qu’elle était de Franz Hals, un contemporain du maître hollandais. Le tableau, censé apocryphe, fut adjugé à un prix minime. L’adjudication faite, on découvrit au fond du clair-obscur une signature, — la signature authentique de Rembrandt, avec cette date : 1635. Malgré les dénégations des érudits, la Tête de femme avait effectivement pour auteur le peintre de la Ronde de nuit.

Cette erreur, solennellement commise par des juges compétents et gracieusement confessée par l’un d’eux dans un journal européen[1], démontre bien la faillibilité des expertises les mieux faites. S’il est aussi aisé de se tromper

  1. Voir l’Indépendance belge, du 6 juin 1865