Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 2.djvu/224

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alors un nouveau courage m’a ranimé, — si bien qu’en dépit de tous mes ennemis je me suis frayé un passage, — et que j’ai mis leur multitude en déroute. — C’est ainsi que le bras d’Édouard a rempli votre désir, — et qu’il a, je l’espère, accompli le devoir d’un chevalier. —


ÉDOUARD.

— Oui, tu as, bien mérité la chevalerie.

Il prend des mains d’un soldat l’épée de son fils et la pose sur l’épaule du prince agenouillé.

— Ainsi, sacré par ton épée, toute fumante encore — du sang de ceux qui ont combattu pour te perdre, — prince Édouard, relève-toi loyal chevalier. — En ce jour tu m’as confondu de joie, — et tu t’es montré le digne héritier d’un roi.


LE PRINCE DE GALLES.

— Voici, mon gracieux seigneur, la liste de ceux — de nos ennemis qui ont été tués dans le conflit : — sept princes estimés ; quatre-vingts — barons et comtes, cent vingt chevaliers, — et trente mille simples soldats ; de notre côté, mille hommes.


ÉDOUARD.

— Louange à Dieu ! Maintenant, Jean de France, j’espère — que tu ne prends plus le roi Édouard pour un voluptueux, — pour un langoureux petit maître, ni ses soldats pour des rosses. — Mais de quel côté s’est enfui ce terrible roi ?


LE PRINCE DE GALLES.

— Vers Poitiers, noble père, avec ses fils.


ÉDOUARD.

— Toi, Ned et Audley, vous allez vous mettre à leur poursuite ; — moi, et Derby, nous allons marcher sur Calais, — et faire ; le siège de ce port ; — Maintenant nous touchons au dénomment. Frappez donc, — et courez sus au gibier débusqué.