Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 2.djvu/5

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INTRODUCTION.



La fable qui fait le sujet de Périclès a une origine mystérieuse. Est-elle romane ou byzantine ? Sort-elle du Bas-Empire latin ou du Bas-Empire grec ? On ne sait. Marc Welser, qui en imprima une version en 1595, suppose qu’elle appartient à la littérature grecque du sixième siècle. Belleforest, qui en publia une paraphrase dans sa Cent dix-huitième histoire tragique[1], affirme que cette légende est une autobiographie véridique laissée en manuscrit par un contemporain d’Antiochus Soter, un prince de Tyr, nommé Apollonius, qui en fut le héros. « Ainsi, dit-il, Apollonie fut prendre possession de ses terres ; luy mesme estant celuy qui a laissé la mémoire de ce fait par écrit, et en a voulu faire part à la postérité : le stile duquel suivant presque mot à mot, le lecteur m’excusera et de ce que j’ai été un peu trop long, et du peu de grâce, ornement et gentillesse de langage que j’ai pratiqué en cette histoire, m’ayant suffi de la conter sans nul fard et couleur. » Bien longtemps avant Belle-

  1. Voir à l’Appendice la narration de Belleforest.