Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Guizot, Didier, 1862, tome 3.djvu/169

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u’il est un homme sage et un grand savant. Voici les
confédérés qui viennent.

(Entrent sir Tobie Belch et Marie.)

SIR TOBIE.--Que Jupiter vous bénisse, monsieur le curé.

LE BOUFFON.--Bonos dies[62], sir Tobie ; car de même que le vieil
ermite de Prague, qui de sa vie n’avait vu plume ni encre, dit fort
ingénieusement à la nièce du roi Gorboduc[63] ce qui est, est[64] ; de
même, moi, étant monsieur le curé, je suis monsieur le curé : qu’est-ce
cela, si ce n’est cela ? et qu’est-ce qui est, que ce qui est ?

[Note 62 : D’heureux jours.]

[Note 63 : Tragédie de Gorboduc, par le comte Dorset.]

[Note 64 : Argument de l’école, tourné en ridicule.]

SIR TOBIE, indiquant Malvolio.--À lui, messire Topas.

LE BOUFFON.--Holà, dis-je ! La paix soit dans cette prison !

SIR TOBIE.--Le coquin contrefait à merveille ; c’est un adroit coquin.

MALVOLIO, dans une chambre.--Qui appelle là ?

LE BOUFFON.--Messire Topas le curé, qui vient visiter Malvolio le
lunatique.

MALVOLIO.--Messire Topas, messire Topas, bon messire Topas, allez
trouver madame.

LE BOUFFON.--Hors d’ici, démon hyperbolique ! comme tu tourmentes ce
malheureux ! Ne parles-tu donc jamais que de dames ?

SIR TOBIE.--Bien dit, monsieur le curé.

MALVOLIO.--Messire Topas, jamais on n’a fait tant de tort à un homme :
bon messire Topas, ne croyez point que je sois fou ; ils m’ont mis ici
dans une horrible obscurité.

LE BOUFFON.--Fi donc, malhonnête Satan ! Je t’appelle des noms les plus
modérés, car je suis un de ces hommes doux qui savent traiter poliment
le diable lui-même : tu dis que la maison est ténébreuse ?

MALVOLIO.--Comme l’enfer, messire Topas.

LE BOUFFON.--Elle a des fenêtres cintré