Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Guizot, Didier, 1862, tome 3.djvu/96

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NOTICE SUR LE JOUR DES ROIS

Quoique la partie comique de cette pièce appartienne tout entière à Shakspeare, il est encore redevable de son sujet à Bandello. Nous y retrouvons cette ressemblance extraordinaire de deux personnes dont Plaute s’est plus d’une fois servie pour le nœud de ses comédies, et que Shakspeare lui a déjà empruntée dans ses Méprises.

Lorsque Rome fut conquise, en 1527, par les Espagnols et les Allemands ; il se trouva parmi les prisonniers un riche marchand nommé Ambrogio, qui avait un fils et une fille, tous les deux d’une beauté et d’une ressemblance si parfaites que, s’ils changeaient d’habillements, le père lui-même avait peine à les distinguer[1]. Paolo, c’est le nom du garçon, fut le partage d’un Allemand, et sa sœur jumelle, Nicuola, tomba entre les mains de deux soldats qui la traitèrent avec beaucoup de douceur, dans l’espérance qu’ils en tireraient une rançon considérable. Ambrogio parvint à se sauver de la captivité, et ayant soustrait, en les cachant dans la terre, une grande partie de ses richesses à la cupidité des ennemis, il se mit à la recherche de ses enfants, racheta sa fille, mais ne put retrouver son fils, et le crut mort.

Cette pensée le tourmentant de plus en plus, il quitta Rome et se retira à Erte, lieu de sa naissance. Ce fut là qu’un autre marchand, veuf depuis plusieurs années, devint amoureux de Nicuola et la demanda en mariage ; mais Ambrogio, craignant que cette union peu

  1. ………………… Simillima proles,
    Indiscreta suis, gratusque parentibus error.

    (Virgile.)