Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Guizot, Didier, 1863, tome 4.djvu/303

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


présent,
Avec un ah ! un ho ! et un ah nonino !
Car l’amour est couronné des premières fleurs.
Au printemps, etc., etc.

TOUCHSTONE.—En vérité, jeunes gens, quoique les paroles ne signifient pas grand’chose, cependant l’air était fort discordant.

PREMIER PAGE.—Vous vous trompez, monsieur : nous avons gardé le temps, nous n’avons pas perdu notre temps.

TOUCHSTONE.—Si fait, ma foi. Je regarde comme un temps perdu celui qu’on passe à entendre une si sotte chanson. Dieu soit avec vous ! et Dieu veuille améliorer vos voix ! —Venez, Audrey.

(Ils sortent.)


Scène IV

Une autre partie de la forêt.

LE VIEUX DUC, AMIENS, JACQUES, ORLANDO OLIVIER et CÉLIE.

LE VIEUX DUC.—Croyez-vous, Orlando, que le jeune homme puisse faire tout ce qu’il a promis ?

ORLANDO.—Tantôt je le crois, et tantôt je ne le crois pas, comme tous ceux qui craignent en espérant, et qui en craignant espèrent.

(Entrent Rosalinde, Sylvius, Phébé.)

ROSALINDE.—Encore un peu de patience, pendant que je répète notre engagement. (Au duc.) Vous dites que, si je vous amène votre Rosalinde, vous la donnerez à Orlando que voici ?

LE VIEUX DUC.—Oui, je le ferais, quand j’aurais des royaumes à donner avec elle.

ROSALINDE, à Orlando.—Et vous dites que vous voulez d’elle quand je ramènerai ?

ORLANDO.—Oui, fussé-je le roi de tous les empires de la terre.

ROSALINDE, à Phébé.—Vous dites que vous m’épouserez si j’y consens ?