Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Guizot, Didier, 1863, tome 4.djvu/392

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FLORIZEL.—Si je rencontrais mon père à présent, il ne m’appellerait pas son fils.

CAMILLO.—Allons, vous ne garderez point de chapeau.—Venez, madame, venez.—(A Autolycus.) Adieu, mon ami.

AUTOLYCUS.—Adieu, monsieur.

FLORIZEL.—O Perdita ! ce que nous avons oublié tous deux ! —Je vous prie, un mot.

CAMILLO, à part.—Ce que je vais faire d’abord, ce sera d’informer le roi de cette évasion et du lieu où ils se rendent, où j’ai l’espérance que je viendrai à bout de le déterminer à les suivre ; et je l’accompagnerai et reverrai la Sicile, que j’ai un désir de femme de revoir.

FLORIZEL.—Que la fortune nous accompagne ! Ainsi donc, nous allons gagner le rivage, Camillo ?

CAMILLO.—Le plus tôt sera le mieux.

(Florizel, Perdita et Camillo sortent.)

AUTOLYCUS seul.—Je conçois l’affaire, je l’entends ; avoir l’oreille fine, l’œil vif et la main légère sont des qualités nécessaires pour un coupeur de bourses. Il est besoin aussi d’un bon nez, afin de flairer de l’ouvrage pour les autres sens. Je vois que voici le moment où un malhonnête homme peut faire son chemin. Quel échange aurais-je fait s’il n’y avait pas eu de l’or par-dessus le marché ? Mais aussi combien ai-je gagné ici avec cet échange ? Sûrement les dieux sont d’intelligence avec nous cette année, et nous pouvons faire tout ce que nous voulons ex tempore. Le prince lui-même est à l’œuvre pour une mauvaise action en s’évadant de chez son père et traînant son entrave à ses talons. Si je savais que ce ne fût pas un tour honnête que d’en informer le roi, je le ferais : mais je tiens qu’il y a plus de coquinerie à tenir la chose secrète, et je reste fidèle à ma profession. (Entrent le berger et son fils.) Tenons-nous à l’écart, à l’écart. Voici encore matière pour une cervelle chaude. Chaque coin de rue, chaque église, chaque boutique, chaque cour de justice, chaque pendaison procure de l’occupation à un homme vigilant.

LE FILS DU BERGER.—Voyez, voyez, quel homme vous