Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/128

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LE MESSAGER.

— Bonne madame, patience !


CLÉOPÂTRE.

Que dites-vous ?…

Elle le frappe encore.

Hors d’ici, — horrible drôle ! ou je vais chasser tes yeux — comme des billes devant moi : je vais dénuder ta tête…

Elle le secoue violemment.

Je te ferai fouetter avec le fer, étuver dans la saumure, — et confire à la sauce ardente.


LE MESSAGER.

Gracieuse madame, — si j’apporte la nouvelle, je n’ai pas fait le mariage.


CLÉOPÂTRE.

— Dis que cela n’est pas, et je te donnerai une province, — et je rendrai ta fortune splendide ; le coup que tu as reçu — te fera pardonner de m’avoir mis en rage ; — et je te gratifierai de tous les dons — que ton humilité peut mendier.


LE MESSAGER.

Il est marié, madame.


CLÉOPÂTRE.

— Misérable, tu as vécu trop longtemps.

Elle tire un couteau.

LE MESSAGER.

Ah ? je me sauve. — Que prétendez-vous, madame ? Je n’ai fait aucune faute.

Il s’enfuit.

CHARMION.

— Bonne madame, contenez-vous : — l’homme est innocent.


CLÉOPÂTRE.

— Il est des innocents qui n’échappent pas au coup