Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/159

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CÉSAR.

— Le peuple sait tout ; il vient de recevoir ses accusations.


AGRIPPA.

Qui accuse-t-il ?


CÉSAR.

— César ! Il se plaint de ce qu’ayant dépouillé de la Sicile — Sextus Pompée, je ne lui aie point baillé — sa part de l’île ; puis il [dit m’avoir prêté — des vaisseaux que je ne lui ai point rendus ; enfin, il se fâche — de ce que Lépide ait été déposé — du triumvirat, et, cela étant, de ce que nous détenions — tous ses revenus.


AGRIPPA.

Sire, il faut répondre à cela.


CÉSAR.

— C’est déjà fait, et le messager est parti. — Je leur dis que Lépide était devenu trop cruel, — qu’il abusait de son autorité — et qu’il a mérité sa déposition ; quant à ce que j’ai conquis, — je lui en accorde sa part, pourvu que, dans son Arménie — et dans les autres royaumes qu’il a conquis, — il me fasse la mienne.


MÉCÈNE.

Il n’y consentira jamais.


CÉSAR.

— Alors je ne dois pas consentir à ce qu’il demande.


Entre Octavie.

OCTAVIE.

— Salut, César ! salut, monseigneur ! salut, très-cher César !


CÉSAR.

— Qui m’eût dit que jamais je t’appellerais abandonnée ?