Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/165

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CLÉOPÂTRE.

— J’ai soixante vaisseaux ; César n’en a pas de meilleurs.


ANTOINE.

— Nous brûlerons le superflu de notre marine ; — et, avec le reste complètement équipé, de la pointe d’Actium — nous repousserons César, s’il approche. Au cas où nous échouons, — alors nous pouvons agir sur terre.


Entre un Messager.

ANTOINE.

Ton message ?


LE MESSAGER.

— La nouvelle est vraie, monseigneur ; l’ennemi est signalé ; — César a pris Toryne.


ANTOINE.

— Se peut-il qu’il y soit en personne ? c’est impossible ! — Il est étrange que ses forces soient là !… Canidius, — tu commanderas sur terre nos dix-neuf légions — et nos douze mille chevaux… Nous allons à bord… — Partons, ma Thétis !


Entre un Soldat.

ANTOINE.

Eh bien ! brave soldat !


LE SOLDAT.

— Ô noble empereur, ne combats pas sur mer : — ne te risque pas sur des planches pourries. Te défies-tu — de cette épée et de ces miennes cicatrices ? Laisse les Égyptiens — et les Phéniciens patauger ; nous, — nous avons coutume de vaincre debout sur terre, — en combattant pied à pied (19).