Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/175

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CÉSAR.

— Observe comment Antoine supporte sa chute, — et épie tous les mouvements par lesquels — se manifeste son action.


THYRÉUS.

J’obéirai, César.


Scène XXIII.


[Alexandrie. Dans le palais.]


Entrent Cléopâtre, Énobarbus, Charmion et Iras.

CLÉOPÂTRE.

— Que devons-nous faire, Énobarbus ?


ÉNOBARBUS.

Méditer et mourir.


CLÉOPÂTRE.

— Est-ce Antoine ou moi qu’il faut accuser de ceci ?


ÉNOBARBUS.

— Antoine seul, qui a voulu faire de son désir — le maître de sa raison ! Qu’importait que vous eussiez fui — de ce terrible front de bataille où les rangs opposés — se renvoyaient l’épouvante ? Pourquoi vous a-t-il suivie ? — Les démangeaisons de son affection n’auraient pas dû — troubler en lui le capitaine, au moment suprême — où les deux moitiés du monde se heurtaient et où son empire — était en cause. Il y avait pour lui honte — autant que désastre à suivre vos étendards en fuite — et à laisser là sa flotte effarée.


CLÉOPÂTRE.

Paix, je te prie !