Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/299

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ROMÉO.

Je puis vous l’indiquer : pourtant le jeune Roméo, quand vous l’aurez trouvé, sera plus vieux qu’au moment où vous vous êtes mise à le chercher. Je suis le plus jeune de ce nom-là, à défaut d’un pire.


LA NOURRICE.

Fort bien !


MERCUTIO.

C’est le pire qu’elle trouve fort bien ! bonne remarque, ma foi, fort sensée, fort sensée.


LA NOURRICE, à Roméo.

Si vous êtes Roméo, monsieur, je désire vous faire une courte confidence.


BENVOLIO.

Elle va le convier à quelque souper.


MERCUTIO.

Une maquerelle ! une maquerelle ! une maquerelle ! Taïaut !


ROMÉO, à Mercutio.

Quel gibier as-tu donc levé ?


MERCUTIO.

Ce n’est pas précisément un lièvre, mais une bête à poil, rance comme la venaison moisie d’un pâté de carême.

Il chante.

Un vieux lièvre faisandé.
Quoiqu’il ait le poil gris,
Est un fort bon plat de carême ;
Mais un vieux lièvre faisandé.
A trop longtemps duré,
S’il est moisi avant d’être fini.

Roméo, venez-vous chez votre père ? Nous y allons dîner (82).


ROMÉO

Je vous suis.