Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/87

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CHARMION, au Devin.

Eh bien, voyons, dites à Iras son sort.


ALEXAS.

Nous voulons tous savoir le nôtre.


ÉNOBARBUS.

Le mien, et celui de la plupart d’entre nous, ce sera de nous coucher ivres ce soir.


IRAS, tendant sa main au Devin.

Voici une paume qui annonce tout au moins la chasteté.


CHARMION.

Juste comme le Nil débordé annonce la famine.


IRAS.

Allez, folle compagne de lit, vous ne vous entendez pas à prédire.


CHARMION.

Non ! Si une main onctueuse n’est pas un pronostic de fécondité, il n’est pas vrai que je puisse me gratter l’oreille… Je t’en prie, ne lui prédis qu’une destinée de manœuvre.


LE DEVIN, après avoir examiné la main d’Iras.

Vos destins sont pareils.


IRAS.

Mais comment ? Mais comment ? Donnez-moi des détails.


LE DEVIN.

J’ai dit.


IRAS.

Quoi ! je n’ai pas un pouce de chance de plus qu’elle ?


CHARMION.

Eh bien, quand vous auriez un pouce de chance de plus que moi, où le souhaiteriez-vous ?


IRAS.

Ce n’est pas précisément au bout du nez de mon mari.