Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/372

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m’êtes aussi chère que les gouttes vermeilles — qui affluent à mon triste cœur.


PORTIA.

— Si cela était vrai, je connaîtrais ce secret. — Je l’accorde, je suis une femme, mais — une femme que le seigneur Brutus a prise pour épouse. — Je l’accorde, je suis une femme, mais — une femme de bonne renommée, la fille de Caton ! — Croyez-vous que je ne suis pas plus forte que mon sexe, — étant ainsi née et ainsi mariée ? — Dites-moi vos pensées ; je ne les révélerai pas. — J’ai fait une forte épreuve de ma fermeté, — en me blessant volontairement — ici, à la cuisse. Je puis porter cette douleur avec patience ; — et pourquoi pas les secrets de mon mari ?


BRUTUS.

Ô dieux ! — rendez-moi digne de cette noble femme ! —

On frappe.

— Écoute, écoute ! on frappe. Portia, rentre un moment ; — et tout à l’heure ton sein partagera — les secrets de mon cœur. — Je t’expliquerai tous mes engagements, — et les sombres caractères imprimés sur mon front. Quitte-moi vite.

Sort Portia.

BRUTUS, continuant.

Lucius, qui est-ce qui frappe ?


Entrent Lucius et Ligarius (37).

LUCIUS.

— Voici un malade qui voudrait vous parler.


BRUTUS.

— Caïus Ligarius, celui dont parlait Métellus.

À Lucius.

— Enfant, éloigne-toi… Caïus Ligarius ! Eh bien ?


LIGARIUS.

— Agréez le salut d’une voix affaiblie.