Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/137

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figure taillée dans la glace qu’une heure de chaleur — dissout et déforme. — Un peu de temps fondra la glace de ses pensées, — et l’indigne Valentin sera oublié.

Il aperçoit Protée.

— Eh bien, sire Protée ? Votre compatriote — est-il parti conformément à notre édit ?


PROTÉE, s’avançant.

— Il est parti, mon bon seigneur.


LE DUC.

Ma fille prend son départ avec douleur.


PROTÉE.

— Un peu de temps, monseigneur, tuera ce chagrin-là.


LE DUC.

— Je le crois, mais Thurio ne le pense pas. — Protée, la bonne opinion que j’ai de toi, — après les preuves de dévouement que tu m’as données, — m’encourage encore à me confier à toi.


PROTÉE.

— Du jour où je ne serai plus loyal envers Votre Grâce, — que je cesse de vivre en possession de vos grâces !


LE DUC.

— Tu sais combien je désirerais conclure — l’alliance entre sire Thurio et ma fille ?


PROTÉE.

— Oui, monseigneur.


LE DUC.

— Et tu n’ignores pas non plus, je pense, — combien elle est opposée à mes désirs ?


PROTÉE.

— Elle l’était, monseigneur, quand Valentin était ici.


LE DUC.

— Oui, mais elle persévère dans sa perversité. — Que