Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/249

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perd en vertu. Cela prouve que je n’ai pas peur de la maure.


LORENZO.

Comme le premier sot venu peut jouer sur les mots ! Je crois que bientôt la meilleure grâce de l’esprit sera le silence, et qu’il n’y aura plus de mérite à parler que pour les perroquets. Allons, maraud, rentrez leur dire de se préparer pour le dîner.


LANCELOT.

C’est fait, monsieur, ils ont tous appétit.


LORENZO.

Bon Dieu ! quel tailleur d’esprit vous êtes ! Dites-leur alors de préparer le dîner.


LANCELOT.

Le dîner est prêt aussi : c’est le couvert que vous devriez dire.


LORENZO.

Alors, monsieur, voulez-vous mettre le couvert ?


LANCELOT, s’inclinant, le chapeau à la main.

— Non pas ; ici, je me garde découvert ; je sais ce que je vous dois.


LORENZO.

Encore une querelle de mots ! Veux-tu montrer en un instant toutes les richesses de ton esprit ? Comprends donc simplement un langage simple. Va dire à tes camarades qu’ils mettent le couvert sur la table, qu’ils servent les plats et que nous arrivons pour dîner.


LANCELOT.

Oui, on va servir la table, monsieur, et mettre le couvert sur les plats, monsieur ; quant à votre arrivée pour dîner, monsieur, qu’il en soit selon votre humeur et votre fantaisie !

Sort Lancelot.