Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/290

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donner une bonne éducation ; vous m’avez élevé comme un paysan, obscurcissant et étouffant en moi toutes les qualités d’un gentilhomme ; mais l’âme de mon père prend force en moi, et je ne le tolérerai pas plus longtemps. Allouez-moi donc les exercices qui conviennent à un gentilhomme, ou donnez-moi le pauvre pécule que mon père m’a laissé par testament, et avec cela j’irai en quête de mon sort.


OLIVIER.

Et que veux-tu faire ? Mendier, sans doute, quand tout sera dépensé ? C’est bon, monsieur, rentrez. Je ne veux plus être ennuyé de vous. Vous aurez une partie de ce que vous désirez. Laissez-moi, je vous prie.


ORLANDO, retirant sa main.

Je ne veux pas vous molester plus que ne l’exige mon bien.


OLIVIER, à Adam.

Rentrez avec lui, vieux chien !


ADAM.

Vieux chien ! Est-ce donc là ma récompense ? C’est vrai, j’ai perdu mes dents à votre service… Dieu soit avec mon vieux maître ! Ce n’est pas lui qui aurait dit un mot pareil.

Sortent Orlando et Adam.

OLIVIER.

Oui-dà, c’est ainsi ! Vous commencez à empiéter sur moi ! Eh bien ! je guérirai votre exubérance, et cela sans donner mille écus… Holà, Denis !


Entre Denis.

DENIS.

Votre Honneur appelle ?


OLIVIER.

Charles, le lutteur du duc, ne s’est-il pas présenté ici pour me parler ?