Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/341

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CÉLIA.

Mais as-tu pu remarquer sans surprise comme ton nom est exalté et gravé sur ces arbres ?


ROSALINDE.

Sur neuf jours de surprise j’en avais déjà épuisé sept, quand vous êtes arrivée. Car voyez ce que j’ai trouvé sur un palmier. Je n’ai jamais été tant rimée, depuis le temps de Pythagore, époque où j’étais un rat irlandais, ce dont je me souviens à peine.


CÉLIA.

Devinez-vous qui a fait ça ?


ROSALINDE.

Est-ce un homme ?


CÉLIA.

Ayant au cou une chaîne que vous portiez naguère. Vous changez de couleur !


ROSALINDE.

Qui donc, je t’en prie ?


CÉLIA.

Ô Seigneur ! Seigneur ! Pour des amants, se rejoindre est chose bien difficile ; mais des montagnes peuvent être déplacées par des tremblements de terre, et ainsi se rencontrer.


ROSALINDE.

Ah çà, qui est-ce ?


CÉLIA.

Est-il possible !


ROSALINDE.

Voyons, je t’en conjure avec la plus suppliante véhémence, dis-moi qui c’est.


CÉLIA.

Ô prodigieux, prodigieux, prodigieusement prodigieux, et toujours prodigieux ! prodigieux au delà de toute exclamation !