Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/344

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ROSALINDE.

Si lamentable que pût être ce spectacle, cela devait bien faire dans le paysage.


CÉLIA.

Crie : halte ! à ta langue, je t’en prie ; elle fait des écarts bien intempestifs… Il était vêtu en chasseur.


ROSALINDE.

Ô sinistre présage ! il vient pour me percer le cœur.


CÉLIA.

Je voudrais chanter ma chanson sans refrain ; tu me fais toujours sortir du ton.


ROSALINDE.

Savez-vous pas que je suis femme ? Quand je pense, il faut que je parle. Chère, continuez.


Entrent Orlando et Jacques.

CÉLIA.

Vous me déroutez… Chut ! n’est-ce pas lui qui vient ici ?


ROSALINDE.

C’est lui… Embusquons-nous et observons-le.

Célia et Rosalinde se mettent à l’écart.

JACQUES.

Je vous remercie de votre compagnie ; mais, ma foi, j’aurais autant aimé rester seul.


ORLANDO.

Et moi aussi ; cependant, pour la forme, je vous remercie également de votre société.


JACQUES.

Dieu soit avec vous ! rencontrons-nous aussi rarement que possible.


ORLANDO.

Je souhaite que nous devenions de plus en plus étrangers l’un à l’autre.