Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/377

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pour instrument et jouer de toi avec cette fausseté ! Ce n’est pas tolérable !… Eh bien, retourne à elle (car je vois que l’amour a fait de toi un reptile apprivoisé), et dis-lui ceci : que, si elle m’aime, je lui enjoins de t’aimer ; que, si elle refuse, je ne voudrai jamais d’elle qu’au jour où tu intercéderas pour elle… Si tu es un véritable amant, va, et plus un mot ! car voici de la compagnie qui nous vient.

Silvius sort.


Entre Olivier, un linge ensanglanté à la main.

OLIVIER.

Bonjour, belle jeunesse. Dites-moi, savez-vous — dans quelle clairière de la forêt est — une bergerie entourée d’oliviers ?


CÉLIA.

— À l’orient de ce lieu, au bas du vallon voisin. — Vous voyez cette rangée de saules le long de ce ruisseau murmurant ? — Laissez-la à votre main droite, et vous y êtes. — Mais à cette heure la cabane se garde elle-même ; — il n’y a personne.


OLIVIER.

— Pour peu qu’une langue ait pu guider un regard, — je vous reconnais par le signalement donné : — même costume, même âge… Le garçon est blond, — a les traits féminins, et tout à fait l’air — d’une sœur aînée ; la jeune fille est petite — et plus brune que son frère… Ne seriez-vous pas — les propriétaires de l’habitation que je cherche ?


CÉLIA.

— À cette question nous pouvons, sans vanité, répondre que oui.


OLIVIER.

— Orlando se recommande à vous deux ; — et à ce