Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/404

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Julia compare ici la mémoire de sa confidente à un carnet où elle écrit toutes ses pensées. La même comparaison se retrouve exprimée en termes presque identiques dans un des Sonnets de Shakespeare. Le poëte, s’adressant à son mystérieux ami, lui dit :

Thy tables are within my brain
Full character’d with lasting memory.

« Tu as pour tablettes mon cerveau — où sont inscrits partout de durables souvenirs. »

Sonnet lxxix, 122.

(7) L’idée exprimée brièvement ici a été développée par le poëte dans deux sonnets :

If the dull substance of my flesh were thougt,
Injurious distance should not stop my way ;
For then, despite of space, I would be brought
From limits far remote where tou stay.

« Si la pensée était l’essence de mon être grossier, — la substance injurieuse n’arrêterait pas ma marche, — car alors, en dépit de l’espace, je me transporterais — des limites les plus reculées au lieu où tu résides. »

Sonnet lx, 44.

…My thoughts (from far where I abide)
Intend a zealous pilgrimage to thee.

« Mes pensées loin du lieu où je suis — entreprennent un fervent pèlerinage vers toi. »

Sonnet lvi, 27.

(8) Variante :

Thou away, the very birds are mute

En ton absence, les oiseaux mêmes sont muets.

Sonnet Lxii, 97.

(9) « C’est une vérité incontestable que la mère seule est sûre de la légitimité de l’enfant. Lance suppose que, si son interlocuteur savait lire, il aurait lu quelque part cette maxime bien connue. » Steevens.

(10) Le troisième brigand invoque ici le joyeux frère Tuck que la ballade anglaise donne pour confesseur au chevaleresque bandit Robin Hood. « Nous vivrons et nous mourron ensemble, dit un personnage dans l’Édouard Ier de Peele (1593), comme Robin Hood, Frère Tuck et la pucelle Marianne. »